Et au milieu coule La Vie…

La soirée a été une de celles qui comptent sur le chemin. Val m’accueilli avec simplicité et générosité. Elle m’a ouvert sa maison avec confiance, elle m’a invité à partager son souper et nous avons passé des heures à échanger sur le monde et sur nos vies. Souvent, lorsque je marche, je rentre dans une église, une exposition ou un musée en espérant y trouver un message, une réponse à une question. Parfois je me dis, après une rencontre, que l’une ou l’autre réflexion prononcée par mon interlocuteur m’était bien destinée, alors que son auteur ne me connaissait pas.
Après cette étape, j’emporte un demi sac-à-dos de matières à réfléchir!

Cette journée est particulière car c’est la dernière de cette semaine miquelotte , et j’ai de manière inhabituelle, un horaire à respecter. Je dois être à Vimoutiers avant 13h20 pour y attraper mon bus. Je démarre à 8h et j’ai 24 km à parcourir. Ça devrait le faire, mais la petite incertitude rajoute un peu de piment au menu du jour.

Pas de brume ce matin. Les baliseurs ont concocté un trajet empruntant petites routes et chemins campagnards bien agréables. La progression est facile. 
Les mûres sont abondantes dans les haies et elles sont excellentes !

Pas de villages ou de monuments remarquables au programme mais encore un bon nombre de maisons à colombages en plus ou moins bon état. 

La région est riche en vergers, il en faut des pommes pour produire toutes ces spécialités locales. En les voyant, je pense à cet excellent cidre d’hier soir.
La région semble être connue pour l’élevage des chevaux. En tout cas les haras se succèdent sur mon trajet.

Vimoutier a été entièrement rasée par un bombardement allié le 14 juin 1944. Son aspect actuel est donc bien différent des petites villes que j’ai parcouru les derniers jours.
La région a beaucoup souffert dans les deux mois qui ont suivi le débarquement, les allemands se sont défendu férocement et ont essayé plusieurs fois de contrattaquer. C’est d’ailleurs sur une petite route de cette commune que Rommel s’est fait mitrailler par deux Spitfire.
Sur la place de Vimoutier se trouve un curieux monument, la marmite qui a permis de faire de la soupe pour nourrir les habitants et réfugiés devenus sans-abri à cause des combats. Elle a servi de juin à ses 1944.

Mais au milieu de Vimoutier coule une petite rivière qui porte le joli nom de La Vie.
Et c’est sur les quais de La Vie que je trouve le bus, premier moyen de transport pour le retour.
Je dois dire qu’en France on a le chic pour trouver des noms. Comme nous sommes (tout juste) dans le département de l’Orme, le bus s’appelle Cap’Orne. Il me conduit à Lisieux où la gare est surplombée par la basilique de Sainte Thérèse. 
Ensuite le train de la région Normandie, le Nomad, m’amène à la gare Saint Lazare.

Comme lors de chaque voyage retour, le contraste avec les chemins de ce matin est un peu choquant mais le balisage m’amène bien, via le RER, jusqu’à la gare du Nord (de Paris) où trouve le TGV vers la gare du Midi (de BXL).
Ensuite il n’y aura plus que le S1 jusqu’à la maison. Ouf !
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