Bernay
Ah, que j’aime ces petits matins sur mes chemins français, ces petites villes qui se réveillent pendant que s’installe le marché dominical, la boulangerie, seul commerce éclairé dans les petites rues encore sombres où la dame derrière le comptoir termine invariablement par un « et avec ça ? », le café crème au bar-tabac au milieu des habitués qui charrient la patronne…
Elle les connaît tous, s’enquiert s’ils n’ont pas changé leurs habitudes, un petit serré pour l’un, un grand allongé pour l’autre, rit de bon cœur de leurs plaisanteries et les mets gentiment en boîte. À observer la bonne humeur de cette assemblée, je repense à cette étude qui constate que là où ferme ce genre de lieu de socialisation, l’extrême droite progresse. Tiens, cette fois-ci, c’est le client devant moi que je photographie. 
A la sortie de la petite ville, par hasard, je découvre cette vielle plaque :
Bien avant la libre circulation des personnes et des biens consacrée par l’Europe, il y eut donc un temps où chaque agglomération pouvait taxer ce qui passait sur son territoire. On a un peu oublié ça.


Et c’est reparti pour une marche entre bois et champs, comme hier, mais avec plus de nuages.
Il fait très calme et je profite de la musique des oiseaux. Comme on est dimanche, je croise quelques promeneurs et deux ou trois cyclistes. 
Depuis Amiens, je n’ai pas rencontré de randonneurs au long cours encore moins de pèlerins. 


Bernay s’est développée autour de son abbaye fondée en 1013. La mairie s’y est maintenant installée. Des bâtiments moyenâgeux il ne reste que l’église abbatiale d’un très beau style roman. 

Mais lorsque je la visite, elle est emplie par une musique d’accordéon assez inhabituelle dans cet environnement. A la fin de l’air retentit une annonce « Messieurs, changez de partenaire ! » Avant que reprenne le bal musette voisin avec une autre mélodie entraînante. 

Une des personnalités attachées à Bernay s’appelait Edith Giovanna Gassion, plus connue comme Edith Piaf. Elle a grandi dans cette ville de ses deux à ses sept ans, dans le bordel tenu par sa grand-mère paternelle. C’était Le grand sept, 7 rue Saint Michel. Tiens revoilà l’archange !
25
















Pour cette nuit, Bénédicte, l’énergique patronne du bar-tabac m’héberge dans une petite chambre à l’arrière de son établissement.






































