26 octobre Vassy
Il pleuvine et il fait bien gris quand je quitte la maison de Denis. La moitié de la journée sera consacrée à remonter la vallée du Noireau. 
Pas beaucoup d’humains à l’horizon. Mais ils ont décidé de protéger des revenantes : les loutres.
J’emprunte à nouveau un chemin aménagé sur l’ancien trajet d’une voie ferrée.
J’observe une forme longiligne qui remonte le courant, pourtant assez puissant. Je me souviens du panneau et je réalise que pour la première fois de ma vie, j’observe une loutre. 

Je rejoins ensuite la route. Je quitte le Calvados pour entrer dans le département de l’Orne, la rivière que j’ai traversé hier, bizarre …

Petit arrêt café crème chez Pierre, à Condé sur Noireau. Le bar-tabac est fin prêt pour Halloween.
Condé, comme toutes les agglomérations-carrefours de l’arrière-pays normand, a été bombardée par les alliés en juin 44. Plus de 90% des immeubles y ont été détruits. Il a fallu d’abord construire une ville de baraquements qui selon les quartiers provenaient des États-Unis, du Canada ou de Norvège. La reconstruction n’a commencé qu’en 1947 et ne s’est achevée qu’en 1964. Tout le monde se souvient du débarquement mais qui connaît encore ce calvaire vécu par les civils normands qui pour certains a duré 20 ans.
La mairie de Vassy, elle aussi a dû être reconstruite après-guerre. Son style est assez typique de la période.
Contactée il y a une bonne semaine, Evelyne avait accepté de m’héberger ce soir, mais quand je lui téléphone, elle est aux urgences et ne peut me recevoir.
Heureusement elle me communique les coordonnées d’Hélène qui très gentiment me propose une chambre dans sa maison, l’ancien presbytère.

Non, non, elle, ce n’est pas Hélène !
Une étape sous un ciel gris, entre sentiers forestiers et champs moissonnés. Peu de villages traversés, très peu de rencontres.
Mais apprécierions nous les beaux jours s’il n’y en avait pas de plus gris ?
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