Les nuages sont bien bas ce matin. Je démarre ma journée dans une ambiance ouatée.
Le chemin des miquelots m’envoie sur des petites routes et des chemins forestiers calmes et agréables, mais je n’y ai pas beaucoup de distractions. Donc… méditation.

Après presque trois heures de marche dans un silence très peu troublé par les pépiements des oiseaux, je suis rattrapé par Thierry. Et c’est avec beaucoup de plaisir, j’entame une jazette, comme disent les canadiens.

Il m’accompagnera pendant presque une heure et il me parlera de son métier de restaurateur, entamé comme apprenti à 15 ans et terminé à 62 ans, lors de la revente de son établissement à Orbec. S’il a adoré son métier, il me confiera aussi sa pénibilité et les longues heures, qu’il vaut mieux éviter de compter, pour arriver à faire fonctionner son entreprise. Une des séquelles est un certain surpoids, qu’il traite en marchant 8 km tous les jours. Il a déjà perdu 12 kg en 10 mois. Bref un collègue, un heureux pensionné marcheur. 
Je quitte Thierry et le département de l’Eure pour m’engager dans le Calvados. C’est le pays du camembert, du Pont-l’évêque, du Livarot, de l’andouille de Vire, des tripes à la mode de Caen, des caramels d’Isigny, du cidre, du pommeau … du calva et du trou normand ! Une telle richesse gastronomique impose le respect.

J’arrive à Orbec vers 13h et le soleil est venu à bout des nuages.




Après avoir exploré Orbec et ses richesses, il me reste 3 km avant d’atteindre Friardel. Je loge chez Val, qui me reçoit comme un vieil ami. Sa maison était la bouillerie de l’ancien prieuré Saint Cyr. Honnêtement, il faut le savoir tant le bâtiment ressemble aujourd’hui à une villa récente. Le prieuré lui-même a été bombardé an 1944 et finalement rasé en 1948.
