Il est sept heures, dans cette Eure où le jour se lève à peine en cette Saint Adelphe, 11 septembre. Ces vaches ont l’air surprises de voir arriver cet humain avec son sac sur le dos et les bras prolongés par deux tiges. 
Un courageux rayon de soleil parvient à se frayer un petit passage entre les nuages et les fils électriques. 
Apres cinq kilomètres, Bourg-Achard s’avère une agglomération animée mais son église Saint Lô est fermée. Dommage elle rassemble un mobilier remarquable. La mairie ne s’ouvre que dans une heure, je me passerai de son tampon.
Heureusement la boulangerie Tandem est bien ouverte. C’est un endroit très agréable pour déguster un petit déjeuner, les petits pains sortent du four !


J’ai le plaisir de constater que de nombreuses fermes traditionnelles ont survécu. Certaines sont dans leur jus, d’autres rénovées. Bon nombre de nouvelles constructions les imitent. 

Le soleil est l’invité inattendu de la journée! Et il est le bienvenu.

Voilà bien un décor habituel des chemins français. Mais après avoir appris que sous le champ de droite court un » oléoduc d’hydrocarbures sous haute pression « , je considère le paysage d’une autre manière.

Ille-sur-Montfort est un tout petit village mais son église avait jadis le titre d’église royale. Les rois qui se sont succédés durant la guerre des cent ans se sont tous déplacés jusqu’ici. Etonnant.


Les nuages envahissent tout le ciel pendant que je m’enfonce dans la forêt de Montfort. 
Avant de descendre vers le village où je ferai étape, je fais un petit crochet pour voir les vestiges du château qui lui a donné son nom. Il ne reste pas grand chose de cette importante forteresse anglo-normande, qui était la propriété d’un proche de Guillaume le Conquérant.
Après la conquête de l’Angleterre, il reçut de nombreux fiefs là-bas. Ses descendants se considéraient plutôt comme des nobles anglais tout en possédant des terres de ce côté-ci de la Manche.
C’est un roi anglais, Jean sans Terre qui décida de faire raser ce château plutôt que de le voir tomber entre les mains du roi de France Philippe Auguste. Résultat :
Pour terminer mon parcours, je dégringole par un escalier long de 281 marches et j’aboutis derrière l’église Saint Pierre, au niveau de la Risle. 
