Après une première séquence un peu moins agréable, sur une piste cyclable le long d’une nationale très bruyante, je retrouve avec joie un joli sentier forestier. Il serpent sur les coteaux de la Seine. Le parcours est varié en montée et en descente. Ça y est, je me sens sur le chemin, d’ailleurs j’ai dégainé mes deux plus proches soutiens, mes bâtons de marche.
Par les quelques trouées, je peux observer les rives du fleuve qui sont largement industrialisées. Le spectacle est un peu triste, même si cette usine a eu la délicatesse de vouloir imiter la silhouette d’un paquebot. 
C’est ce large cours d’eau qui va rythmer ma journée. En effet, mon objectif, avant la fin de la matinée, est d’atteindre l’embarcadère du bac qui va me faire traverser depuis Salhurs jusqu’à La Bouille. En attendant, je suis sorti de la vallée pour atteindre le plateau où mon parcours traverse maintenant la forêt domaniale de Roumare. 

Il fait bien gris aujourd’hui, mais cette météo est idéale pour le marcheur, un peu moins pour le photographe . 

Les calmes chemins forestiers se succèdent, il me permettent d’avancer ainsi facilement pendant deux heures.
J’arrive à…
Son nom a dérivé depuis le moyen âge où il est né sous le nom de Salhus. Un nom bien nordique, hus signifiant toujours maison en danois, il s’agirait de la maison du saule. Un repère ou une auberge pour les vikings navigant sur la Seine.
Pour moi aussi, c’est un arrêt bienvenu, au bar tabac où ma place est réservée. 
Comme l’assemblée observe que je photographie la plaque, j’ai droit à toute une analyse sociologique de la fréquentation du lieu par le patron et deux habitués avant qu’ils ne retournent à leur sujet principal, leurs scores au récent concours de pétanque.

Et voici le fleuve! Pour les anciens collègues pèlerins ce genre de traversée était une épreuve à risque. Les passeurs avaient l’effrayante réputation d’extorquer les jacquets voire de les jeter à l’eau au milieu du trajet. Actuellement c’est une agréable distraction pendant l’étape. 
Je découvre que 8 bacs de ce type persistent sur ce tronçon de la Seine. Car si la plus grosse partie du trafic passe par le pont de Tancarville, les usagers locaux doivent toujours utiliser ce service pour traverser d’une rive à l’autre. Il serait trop compliqué d’y construire des ponts tout en permettant aux gros bateaux de remonter jusqu’à Rouen. 

Et voici La Bouille, surmontée par les ruines du château de Robert-le-Diable. Dans son joli vieux centre je trouve une jolie représentation de l’archange et un tampon pour ma crédenciale. 
Ce village a attiré les impressionnistes et moi aussi je suis sous son charme. Je décide d’y faire escale ce midi.
S’il était un peu hésitant à la sortie de Rouen, le marquage du chemin devient maintenant plus fiable. Et pour quitter le village, il me fait prendre une solide montée pour retrouver le plateau. 

Plus que deux heures par de jolis sentiers campagnards et j’arrive à Barneville. J’ai de la chance, j’ai droit à de belles éclaircies.

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