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Bianca est une petite Cavalier King Charles de trois mois et demi, une petite boule de poils craquante et affectueuse. C’est chez elle et sa maîtresse que j’ai dormi cette nuit. 
Je les quitte pour découvrir le prieuré Saint Léonard, malheureusement devenu propriété privée, on ne visite pas. 
J’ai rendez-vous à midi avec mon guide qui va me faire traverser la baie. Nous sommes une vingtaine à l’attendre. Tous à part moi feront l’aller-retour. Je suis le seul à loger sur le Mont.
J’ai beaucoup de chance, il fait beau, il n’y a pas de vent, la visibilité est excellente et surtout, ce premier novembre est le dernier jour des traversées cette année. En effet, à partir de maintenant, elle n’auront plus lieu à cause de la fin de la saison touristique, du risque de mauvais temps et surtout parce que l’augmentation du débit des cours d’eau dans la baie rendront impossible le passage à gué. Si j’avais démarré mon chemin un jour plus tard,…


Notre guide s’appelle Raphaël, ce qui est aussi le nom d’un archange comme Michel. D’un abord un peu bougon, il s’avérera passionné et d’un savoir encyclopédique pour tout ce qui concerne la baie, son histoire, sa géologie, sa géographie et son milieu. Il est peut-être juste un peu chauvin car il considère les bretons comme des étrangers alors que le Mont est pile à la frontière de la Normandie. 

Il nous entraîne jusqu’à la pointe du Groin Sud où on descend sur la tangue qui est ce mélange de sable, débris de coquillages et d’argile. Et cette tangue, selon sa charge en eau, peut se révéler dure, collante et/ou très glissante comme dans ce passage d’un fossé creusé par les eaux.

Et nous voici partis pour une traversée qui en théorie devrait faire 6km mais que ce coquin de Raphaël rallongera de plus de la moitié!
Nous ne croiserons qu’un seul autre groupe. Ils sont plus nombreux que nous et portent un drapeau français, un autre blanc ainsi qu’une solide croix en bois…
Nous devons traverser les eaux de deux petits fleuves côtiers qui se jettent dans la baie, la Sée et la Selune. Ils forment différents bras qui serpentent sur le trajet. Nous en avons parfois jusqu’à mi cuisse. L’eau est fraîche mais ce n’est pas problématique. Dans certaines zones, nous nous enfonçons… des sables mouvants, pour ne pas être aspirés, il faut continuer à avancer, au plus vite au mieux. 
À vendre: une paire de chaussons en Néoprène, jamais servis. C’est tout à fait faisable pieds nus.


Nous finissons quand même par arriver au Mont.
J’avoue que c’est un peu un choc de se retrouver dans la foule des touristes d’un dimanche de Toussaint dans un des lieux les plus courus de France et dans cette ruelle toute consacrée aux boutiques de souvenirs et snacks pas très classe. 
Je remonte la rue pour trouver la Maison du Pèlerin tout en haut, juste avant l’abbaye. J’y suis accueilli par deux bénévoles. Elles attendent encore trois autres personnes. Aurai-je enfin l’occasion de rencontrer d’autres miquelots?
