Brionne

Il fait brumeux ce matin au fond de la vallée de la Risle. S’approcherait-on de l’automne ?

Au fournil de Montfort, je trouve un pain au raisins et un autre au chocolat, que je consomme chez Patricia au bistrot de la Halle.

Je devrais écrire avec Patricia car si je l’appelle par son prénom, c’est parce qu’elle m’en a donné l’autorisation lorsqu’elle s’est assise face de moi avec sa propre tasse. La clope au bec, les cheveux rares, le langage direct, elle vous adopte comme confident en moins d’une minute. A soixante et onze ans, elle se demande ce qu’elle ferait si elle arrêtait son bistrot. Ce midi elle se cuisinera du poisson à l’oseille. Elle en a dans son jardin et après mon départ elle va aller le cueillir, l’oseille, pas le poisson!

Lorsque je parviens à la quitter, elle me souhaite bon courage.

Je n’ai que seize kilomètres à parcourir aujourd’hui. Mais le départ est raide! Je dois remonter les 231 marches jusqu’au château pour y retrouver le balisage sur la sente Saint Nicolas.

Et c’est parti pour 10 kilomètres bien agréables.

Le chemin suit le haut des coteaux de la vallée de la Risle en remontant son cours. En général le parcours est plat. Ce qui n’exclut pas l’un ou l’autre dénivelé brutal.

Oui, je sais, les photos se ressemblent… mais le décor, s’il est beau, n’est pas très varié non plus.

J’arrive au Bec-Hellouin par une rue au nom bien attirant !

C’est un des plus beaux villages de France qui doit son existence et son nom à la création au XI ième par un certain Herluin d’une abbaye près d’un ruisseau (Beek).

L’abbaye a eu un important rayonnement au moyen âge, d’ailleurs trois de ses moines sont devenus archevêques de Canterbury. Mais à la révolution les moines ont été chassés et les bâtiments ont servi de carrières.

Depuis 1948, une partie des bâtiments relevés abritent à nouveau une communauté bénédictine. En 1990, elle a été le théâtre d’un séisme : le départ simultané du père abbé avec celui de la mère supérieure du couvent voisin pour des « raisons sentimentales et affectives  » ( source: Wikipédia).

Un dernier regard vers ce joli petit coin, et je remonte dans la forêt.

Plus qu’une bonne heure de marche et j’arrive à Brionne. Comme celui d’hier, son château est tout à fait en ruines. Pour soumettre le comte de Brionne, son vassal récalcitrant, Richard Cœur de Lion à du l’assiéger pendant trois ans!

Pour un commerce, ce nom n’est pas très vendeur…

Pour cette nuit, Bénédicte, l’énergique patronne du bar-tabac m’héberge dans une petite chambre à l’arrière de son établissement.

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